Le château de Sully-sur-Loire et les Heures Historiques

Rares sont les châteaux qui subirent autant de modifications architecturales que celui de Sully-sur-Loire. On fit état des premières traces du château en 1102, il était alors un poste de défense sur la rive gauche de la Loire. 

En 1218, Philippe Auguste profita d’un désaccord entre le seigneur des lieux et l’évêque pour s’emparer brièvement de la place et édifier une imposante tour cylindrique, malheureusement disparue.

Après une crue dévastatrice en 1363, le château changea de famille au nom du mariage de l’unique héritière avec Guy de La Trémoïlle. Ce dernier se lança dans un grand chantier de rénovation et demanda à l’architecte du roi et du Louvre, Raymond du Temple, d’établir de nouveaux plans. Il commanda notamment les travaux du donjon, à la fois destiné à défendre le pont sur la Loire mais également à recevoir le beau monde, lors des somptueuses fêtes données par le seigneur. Les guerres de Religion affectèrent grandement la place, la laissant ensuite à l’abandon.

Fort heureusement, le château fut acheté et sauvé en 1602 par Maximilien de Béthune, alors ministre d’Henri IV.

Dès lors et durant quatre siècles, le château resta dans la même famille. Le grand Sully, comme on le nommait, se lança dans une importante campagne de travaux tant au niveau des intérieurs Renaissance que des extérieurs en créant notamment le parc attenant. On construisit également la tour d’artillerie, reliée au château par deux galeries couvertes tandis qu’une troisième menait du donjon au petit château : ainsi, pour la première fois, l’enceinte était entièrement close.

À partir du XVIIIème siècle, le château de Sully-sur-Loire fut l’objet de maintes destructions et reconstructions modifiant tour à tour son allure, il perdit de nombreux bâtiments mais en gagna de nouveaux tel le somptueux corps de logis. Le XXème siècle fut également celui des grands changements architecturaux. On recoiffa les sommets des tours orientales avant qu’un terrible incendie ne détruise l’aile construite au XVIIIème siècle. Il fut classé Monument historique en 1928, néanmoins la Seconde Guerre mondiale n’épargna pas ses ouvrages. Le département du Loiret acquiert le site en 1962 et entreprend depuis lors de nombreux travaux de restauration.

Malgré son histoire rocambolesque, le château a su préserver ses trésors : le chemin de ronde, une Tenture de Psyché, une charpente en berceau datant du XIVème siècle, ses appartements meublés ainsi que le tombeau du célèbre Sully.

Les 4 grandes familles qui furent propriétaires du château de Sully-sur-Loire : Maison de Sully, Maison de Blois-Champagne, Maison de la Trémoille, Maison de Béthune

Les visiteurs célèbres du château :

Jeanne d’Arc s’y rendra en 1429 et 1430 pour voir le roi Charles VII séjournant chez son ami Guy de la Trémoïlle.

Louis XIV, Anne d’Autriche et Mazarin s’y réfugièrent lors de la fronde des Princes en 1652. 

Voltaire vint y trouver asile quand le roi vexé par ses vers l’exila mais il finit par se fâcher aussi avec Le duc de Sully.

Les Heures Historiques : les 19 et 20 mai 2018

Chaque année, vers le mois de mai, une horde de passionnés déboule sur les prairies autour du Château pour un long weekend de reconstitution historique. Ce sont les Heures Historiques de Sully-sur-Loire. De la préhistoire aux temps modernes en passant par les romains et les chevaliers, plus de 1300 personnes mettent leurs plus beaux costumes et replongent les visiteurs dans le passé.  On y croise des marquises et des rois, des centurions, des indiens, des soldats américains ou napoléoniens et tant d’autres apparitions du passé. Hommes, femmes et enfants, tout le monde est sur son 31.

Les campements s’étalent et les artisans travaillent, les combattants se battent et font des démonstrations, les familles vivent le quotidien de la période qu’elles représentent et tout cela dans un soucis de précision et d’historicité. c’est une vraie curiosité pour les férus d’histoire et de belles pierres puisque le château se visite aussi. Les Fines Lames du Médoc y seront présentes cette année avec grand plaisir et un brin d’excitation. Préparer son costume, affiner son personnage, faire la liste des choses à ne pas oublier, planifier le voyage… et tenter de donner aux visiteurs de belles choses à voir, à apprendre et à entendre.

Article écrit par Emmanuelle Zicot

Mary Read, femme pirate

Avant la piraterie

Mary Jane Read est née en 1690 en Angleterre. Avant de vivre de la piraterie, elle a vécu avec sa mère et son frère Willy dont elle empruntera le nom plus tard. Son père, capitaine de la marine, est décédé en mer.

Après le décès de son fils, la mère de Mary va la travestir et lui donner le nom de son défunt fils pour toucher l’argent que la grand-mère versait au garçon. La supercherie marche et la grand-mère continue de donner de l’argent en pensant qu’il s’agit de son petit-fils.

Grâce à ce déguisement et cette fausse identité d’homme, Mary/Willy Read trouve facilement du travail. D’abord en temps que valet de pied, puis elle se fait enrôler dans l’armée britannique.

Là-bas, elle y rencontre un homme avec qui elle se marie et ouvre l’auberge des Trois Fers à Cheval à Breda, en Hollande. Il mourra, ce qui entraînera la faillite de l’auberge.

Elle renfile alors ses vêtements d’homme et s’enrôle sur un navire marchand toujours sous le nom de son frère.

Mary devient pirate

Le bateau de marchand est pris par des pirates, Mary les rejoint.  En 1718, elle devient corsaire car l’équipage qui l’accompagne accepte le pardon royal et se soumet au gouverneur Woodes Rogers. Mais rapidement l’équipage redevient pirate après une mutinerie.

Rencontre avec Jack Rackham et Anne Bonnie

Elle se fait enrôler par le capitaine Jack Rackham et Anne Bonnie (qui elle aussi se faisait souvent passer pour un homme sous le nom de Adam Bonnie). Poursuivis par la marine britannique, il s’en suit une période de pillages et de meurtres pour elle et ses compagnons.

Une légende dit qu’elle dévoilait son sexe ou sa poitrine avant d’achever un homme pour lui prouver qu’il était également possible d’être tué par une femme.

En 1720, elle, Anne, Jack, ainsi que leur équipage, se font attraper par un certain capitaine Barnet, envoyé par le gouverneur de Jamaïque.

La mort de Mary

Rackham et son équipage sont jugés coupables de piraterie et pendus. Anne et Mary réussissent à échapper à la pendaison car elles sont enceintes. Mary Read meurt en prison en 1721, probablement d’une fausse couche ou de la fièvre jaune.

Article écrit par Éline Sala, membre des FLM